© 2020 charlotte D'ANVERS

Robe de mariée

Pour le dernier billet couture de 2019 je vous présente la robe de mariée cousue pour une amie! Un long périple plein d’émotions, mais mon dieu ça valait le coup!

J’ai dû me retenir de ne pas pleurer le jour même :) Grande adepte d’upcycling, je suis sortie de ma zone de confort mais quelle belle expérience couturière! Réfléchir ensemble avec mon amie sur le style de la robe, choisir le modèle et surtout les tissus! Ensuite, créer le patron, coudre les toiles, faire les adaptations, pour finir avec la couture de la robe même.

Design et patronage de la robe

Pour trouver le style de la robe, Pinterest a été une grande source d’inspiration. Un weekend de retour en Belgique, on a également fait des essayages de robes de marié dans un magasin. C’était très utile pour voir le rendu des différents types de robe en vrai. Au final, un style bohémien ressortait avec l’idée de faire un haut en dentelle et une jupe fluide. Un style qui fait beaucoup penser aux créations de Laure de Sagan.


J’avoue que j’étais soulagée car cela m’a facilité l’étape de patronage. Surtout qu’on avait 1000 km de distance à gérer ce qui limitait le nombre d’essayages… Le haut en dentelle est très simple: sans pinces et boutonné dans le dos, avec des petites mancherons. La jupe consiste de deux couches: un demi cercle pour la doublure et un demi cercle froncé pour la mousseline. Pour ajouter un détail plus travaillé, la ceinture consiste de multiples petits plis religieuses. En total, j’ai fait deux toiles ce qui correspondait à deux descentes en Belgique :)


Les tissus

Au début on regardait un peu sur Internet mais finalement rien ne vaut de voir les tissus en vrai. Car un blanc n’est pas un autre, et il faut accorder les teintes de blanc entre les différents tissus utilisés. En plus, c’est mieux de voir le tissu contre la peau pour trouver la meilleur nuance de blanc qui fait ressortir la teinte.

Du coup, lors de la dernière descente en Belgique nous avons été ensemble dans un magasin spécialisé en étoffes de mariages et fêtes au fin fond de la Flandre: “Westhovens Bruidsstoffen”. Après avoir vu défiler plein de merveilleuses dentelles, mon amie a trouvé son bonheur. Une dentelle avec un dessin plutôt géométrique qui donne une touche de modernité au style bohémien. Pour la jupe, on a choisi un satin comme doublure et une mousseline de soie très légère pour créer un effet vaporeux. Pour ne pas trop alourdir la jupe, et le garder agréable à porter, on est resté avec ces deux couches de tissus. Le satin a aussi servi comme doublure du haut.


La couture

Alors avant coudre il faut découper les tissus, l’étape la plus stressante! Pour la dentelle c’était assez facile car les pièces rentraient sur ma planche de découpe et j’ai pu découper avec un cutter rotatif. Il fallait juste être vigilante pour les raccords, surtout avec le dessin géométrique.



La jupe était une autre affaire. Les grands métrages et la fluidité de la mousseline complique beaucoup la tâche. Au final je peux juste vous conseiller de prendre votre temps et utiliser des poids pour tenir le tissu en place. Aussi, avec les tissus glissants il faut mieux éviter de découper sur le pli. Certains préconisent de couper un tissu fluide ensemble avec du papier de soie, chose que je n’ai pas faite donc je ne peux pas vous donner un avis dessus. 


Le haut est doublé devant, et l’encolure et le dos sont fini avec un biais satin. Pour le dos boutonné j’ai ajouté à la main un galon boutonnière et des boutons recouvert de tissu. Les finitions intérieures sont faites à la surjeteuse.

Ensuite, couture de la ceinture de la jupe ce qui a pris beaucoup de temps à cause des plis. Même si les plis ne sont pas parfaitement réguliers le résultat est réussi avec un joli effet satiné.

Pour la jupe même, j’ai froncé la mousseline et l’assemblé ensemble avec la doublure dans la ceinture. La jupe est fermée de côté avec une fermeture éclair invisible. Rétrospectivement, j’aurai mieux fait d’utiliser une fermeture éclair normale avec le tissu rabattu par dessus. Car l’épaisseur, de la ceinture rendait la fermeture éclair invisible difficile à coudre. Et finalement, avant de coudre l’ourlet j’ai pendu la jupe en hauteur quelques jours car avec le poids le tissu peut se détendre qui fausserai la longueur.


L'étape finale, on fait l'ourlet :)

Le mariage!

Et là voilà, la jolie mariée!!

Rien à ajouter: toutes les doutes, les nuits sans sommeil, et les petites crises couturières se sont évaporées le jour même en voyant le couple heureux :)


Et je ne peux pas assez remercier Annelies pour la patience et la confiance qu’elle m’a accordé, même dans les moments de doute.

Pour finir ce billet mes quelques conseils qui ont ressorti de cette expérience:

- Faire des essayages de robes de mariée dans un magasin.

- Bâtir les coutures délicates (tissus fluides, les raccords en dentelle)

- Voir les tissus en vrai ou commander des échantillons si vous passez par Internet car il y a beaucoup de nuances de blanc…

- Pendre la robe en hauteur quelques jours avant de faire l’ourlet final car avec le poids le tissu peut se détendre ce qui fausserait la longueur.

- Toujours bien nettoyer l'endroit de travail pour éviter le risque de tacher le tissu! Régulièrement laver les mains, surtout quand on couds la robe pendant la canicule :)

- Si vous faites une robe pour une amie, seulement accepter la tâche si vous le sentez bien car je ne vais pas vous cacher que c’est une longue épreuve, mais tellement satisfaisante à la fin! Aussi, n'habitez pas à 1000 km l’un de l’autre ;)

Alors, vous voulez peut-être savoir si je coudrai encore une robe de mariée? Je ne pense pas… même si c’était une très belle expérience, mon coeur couturier est pris par l’upcycling. Mais je n’exclus pas l’idée de coudre une robe de mariée version “récup” un jour :)


Avec ceci je vous souhaite des belles fêtes du fin d’année et je vous revois en 2020 avec de nouveaux projets couture!


Crédit photos: Jonas De Gent sauf les photos du travail en cours - crédit: mon portable :)